Comité d’organisation du 1er Mai

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discours Marie-Eve Tejedor, solidaritéS

Justice sociale et solidarité sans frontières 1er mai 2005

mardi 3 mai 2005

Le 1er mai, journée internationale des travailleuses et travailleurs, est chaque année l’occasion de réaffirmer, pour les forces progressistes et représentatives du monde du travail, que les luttes sont basées sur une solidarité internationaliste et une justice sociale.

Il y a une année d’imposantes manifestations de la fonction publique dénonçaient la politique de la droite néolibérale, majoritaire au Grand Conseil. Cette dernière n’a pas voulu entendre les protestations des employé-e-s du secteur public et para-public. Elle a, au contraire, continué sur sa lancée avec un projet de loi visant à supprimer le statut de fonctionnaire.

Elle l’a fait en se calquant sur le patronat qui s’en prenait encore plus brutalement aux conditions de travail et aux salaires des employé-e-s du privé. Non contente de s’attaquer aux travailleuses et travailleurs, cette droite réactionnaire utilise toutes les ficelles juridiques pour criminaliser les résistances et les syndicalistes. Ce n’est qu’avec une unité des salarié-e-s du public et du privé que nous pourrons enrayer cette dynamique de démantèlement dans le monde professionnel.

De plus, cette droite néolibérale a systématisé ses attaques anti-sociales contre les personnes les plus fragiles de cette société (personnes âgées, handicapé-e-s, chômeur-euse-s) et a voté, au Grand Conseil, une loi visant à privatiser les TPG. Un front large des forces syndicales, associatives et des partis de gauche a lancé 4 référendums pour freiner ce démantèlement. Ces mêmes forces, réunies en coordination pour la justice sociale, ont mené une campagne unitaire qui a abouti à la victoire, lors des votations, de dimanche passé.

Ces résultats encourageants ont permis de limiter les dégâts sociaux, étape nécessaire mais absolument insuffisante. Genève ne souffre pas d’une crise des dépenses, mais d’une crise des recettes, c’est pour cela qu’il faut aller chercher l’argent là où il est, chez les plus riches, et non jeter une partie de la population dans la précarité totale. Pour atteindre ce but, deux initiatives fiscales ont été lancées, la première visant à supprimer des cadeaux fiscaux pour les très hauts revenus (la caricature étant les salaires et primes de certains pdg), le but de la seconde consiste en une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes. Au niveau fédéral, un référendum contre la suppression du droit de timbre, cadeau fiscal fait aux banques, est aussi en cours de récolte. Une redistribution des richesses doit se faire en direction des plus pauvres, le fossé ne peut continuer à se creuser. Au-delà c’est à un changement radical de société que nous devons arriver et à une remise en question totale du système capitaliste.

Les votations de dimanche passé ont aussi marqué une petite avancée pour les étranger-ère-s , résident depuis plus de 8 ans, en leur octroyant le droit de vote communal. Ce vote ne doit pas masquer les discriminations dont sont victimes les étranger-ère-s au quotidien, ni le racisme institutionnalisé, notamment par l’UDC. Les durcissements drastiques de la loi sur l’asile et de la loi sur les étrangers en sont la confirmation. Il est de plus en plus dur de rester en Suisse et d’y obtenir des papiers.
Dans ces conditions, de nombreux sans papier et travailleuses et travailleurs sans statut légal habitent à Genève et partout ailleurs en Suisse, même si certain-e-s ne veulent pas les voir. Ces personnes doivent être régularisées sans condition. Ce n’est pas en se refermant sur nous-mêmes que nous protégerons nos conditions de travail, mais c’est en se battant pour l’extension des conventions collectives dans tous les secteurs et pour toutes et tous. C’est en revendiquant des conditions de travail dignes et les libertés syndicales dans les pays du sud et de l’est que des personnes n’auront plus besoin de venir travailler ici pour un salaire de misère et aucune protection sociale. Nos luttes doivent toujours rester internationalistes avec les peuples d’ici et d’ailleurs. Nous faisons partie de la même humanité et il est hors de question que nous fassions le jeu de celles et ceux qui classent les personnes d’après leur origine. Aucune discrimination n’est acceptable quelle qu’elle soit.

Nous sommes réunis ici aussi pour condamner toute forme de guerres et d’invasions colonialistes, nous réaffirmons que les troupes de la coalition doivent quitter l’Irak, que la Palestine doit revenir aux Palestiniennes et Palestiniens. Nous sommes en solidarité avec tous les hommes et femmes qui se battent pour la justice, la paix et l’émancipation.

Que la lutte continue !!