Comité d’organisation du 1er Mai

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Non aux milliards pour le Gripen

mercredi 9 avril 2014 par Claude Reymond

Le référendum contre le crédit d’achat des nouveaux avions de combat constitue une première. C’est en effet la première fois qu’on pourra voter en Suisse avec un référendum contre un achat d’armements voté par le parlement. Normalement les dépenses militaires passent dans le budget de l’État contre lequel il n’est pas possible de lancer un référendum. Si nous avons cette possibilité le 18 mai, c’est grâce à l’engagement depuis de longues années contre des dépenses militaires faramineuses et absurdes. En effet, une majorité de parlementaires n’a pas osé empêcher le vote sur l’achat de nouveaux avions qui avait déjà été retiré une fois par le Conseil fédéral, suite au dépôt de l’initiative du GSsA en 2010.

Le vote au référendum sur ce crédit militaire est donc déjà un premier succès. Il n’est pas encore gagné pour autant.

C’est pourquoi il est utile de rappeler 2 autres mérites de cette campagne référendaire :
1) On parle désormais des coûts effectifs que comporte cet achat : ce ne sont pas juste les 3,126 milliards de francs du prix d’achat mais ce sont au total plus de dix milliards de francs que la Confédération va dépenser ces prochains vingt ou trente ans pour ces avions de combat. Et en même temps on nous raconte qu’il n’y a pas assez d’argent pour des rentes AVS permettant de vivre avec un minimum de dignité !

2) La campagne a permis aussi de démasquer la grande tromperie des affaires dites de compensation. On le savait déjà suite au rapport du contrôle fédéral des finances sur les compensations des F/A-18 : au lieu de 100% ce ne sont que 40% du chiffre de l’achat qui a été soi-disant compensé. Aujourd’hui la tromperie est encore plus évidente. Le bureau chargé de vérifier les contrats de compensation a pratiquement fermé boutique parce que ses responsables ne pouvaient plus continuer à valider des contrats et des chiffres manifestement faux et trompeurs.

Mais nous sommes opposés à l’achat de nouveaux avions de combat aussi pour des raisons de fond : le GSsA a fait sien le principe de l’antimilitarisme qu’une partie importante du mouvement ouvrier défendait encore tout au début du siècle passé :
« Pas un homme, pas un sou pour les armées et les armements ! »

Hélas ce principe antimilitariste n’a pas été entendu quelques années plus tard, en l’été 1914 quand a commencé la Première Guerre Mondiale.

Comment des dizaines de millions de jeunes paysans et de jeunes ouvriers se sont-ils laissés tromper et envoyer à la mort dans des boucheries aussi effroyables qu’absurdes, au nom de la Patrie, de l’Honneur, de la Gloire, de la Virilité, de la Nation ?
L’efficacité aujourd’hui encore de ces slogans terribles doit nous faire réfléchir et doit nous faire agir. Le programme est vaste, mais nous avons une belle occasion pour commencer ce prochain 18 mai :

Faisons décoller les bas salaires,
pas les engins de guerre !
Non aux Gripen le 18 mai !

Tobia Schnebli, GSsA