Comité d’organisation du 1er Mai

p.a. CGAS, Rue des Terreaux-du-Temple 6 - 1201 Genève - phone +41 22 731 84 30 fax +41 22 731 87 06

iban CH24 0900 0000 1775 3619 5

info@cgas.ch

Communiqué de l’USS du 01.05.2013

publié par l’Union syndicale suisse

jeudi 2 mai 2013 par Carlos

Ewald Ackermann

Des salaires plus justes, des rentes meilleures – Non aux inégalités croissantes !

1er Mai fêté dans toute la Suisse

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à l’occasion de la Fête du travail dans une cinquantaine de localités du pays pour « Des salaires plus justes, des rentes meilleures », le slogan choisi par l’USS pour cette année.

Partout, le creusement des écarts entre les salaires a été dénoncé. À Bâle, le président de l’Union syndicale suisse (USS), Paul Rechsteiner, a rappelé que dans la riche Suisse, 440 000 personnes gagnent trop peu pour pouvoir vivre décemment et que 140 000 d’entre elles ont pourtant fait un apprentissage. Où en sommes-nous arrivés, a-t-il encore demandé, pour qu’un apprentissage ne soit plus la garantie de gagner assez pour vivre normalement ? Paul Rechsteiner a aussi fustigé spécialement les grandes chaînes de commerces de chaussures et de vêtements aux mains de milliardaires et qui versent des salaires de honte à leurs vendeuses.

C’est pour cela qu’un tournant s’impose en matière de salaires et de revenus, à savoir : leur répartition juste. Pour Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, présent à Weinfelden, expliquer le creusement des salaires avec la mondialisation et dire qu’on ne pourrait pas s’y opposer, c’est purement et simplement du flan. En effet, partout dans le monde, là où les syndicats sont actifs et où on applique une politique économique et salariale juste, les écarts entre les salaires sont moindres.

Mais comment réaliser ce tournant ? En plus de la voie syndicale classique – la conclusion de conventions collectives de travail (CCT) -, les organisations des salarié(e)s misent sur la démocratie directe. À Schaffhouse, Giorgio Tuti, vice-président de l’USS et président du Syndicat du personnel des transports (SEV), a précisé que l’on pouvait stopper cette évolution en disant clairement oui aux initiatives populaires « 1:12 » et « sur les salaires minimums ». La première fixera le rapport entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas de chaque entreprise, une nécessité et une urgence. Depuis 1997 en effet, le nombre des « salariés millionnaires » a quadruplé. Quant à l’initiative sur les salaires minimums, 400 000 personnes, qui gagnent aujourd’hui moins de 4 000 francs par mois, en profiteraient d’un seul coup.

Les syndicats ont aussi lancé une initiative en faveur de l’AVS. Leur initiative populaire AVSplus favorisera une « alphabétisation politique » dans un contexte où le social et la sécurité sociale sont systématiquement dénigrés (Paul Rechsteiner). Améliorer les rentes de vieillesse est important, surtout pour les jeunes familles. Grâce à l’AVS, elles devront ainsi beaucoup moins économiser pour leur retraite que si l’AVS n’existait pas.

À la plupart des manifestations du 1er Mai qui ont déjà eu lieu, il a aussi été question de la journée de travail de 24 heures, une réalité qui menace de s’imposer si une brèche était ouverte avec les magasins des stations-service. La votation à ce sujet sera donc un test. Vania Alleva, coprésidente de l’USS et présidente d’Unia, présente à Thoune, a souligné que 320 000 personnes travaillent dans le commerce de détail et que si la journée de travail de 24 heures y était introduite, les travailleurs et travailleuses des entreprises sous-traitantes, de la sécurité et du nettoyage seraient aussi concernés. Toutes ces branches connaissent déjà le travail sur appel et des horaires « éclatés en plusieurs morceaux ». Prolonger les heures d’ouverture des commerces serait augmenter encore plus le stress, réduire le temps libre et les moments destinés à la famille. Cela, pour des salaires bien trop bas.

Et la protection des travailleurs et travailleuses va-t-elle est toujours plus mise à mal ? Et les représentant(e)s du personnel doivent aussi être mieux protégés, comme le montre le cas, cité lors de nombreuses manifestations, des licenciements scandaleux de l’hôpital neuchâtelois de la Providence. De manière absolument illégale, des grévistes ont été licenciés avec effet immédiat, alors qu’ils s’étaient uniquement engagés pour le maintien de leur CCT. À Dietikon, la présidente du Syndicat suisse des services publics (ssp), Katarina Hubert-Prelicz, a dénoncé la passivité du gouvernement neuchâtelois qui persiste dans une attitude passive. Mais cela ne se passera pas comme ça, a-t-elle ajouté, en rappelant la plainte déposée auprès de l’Organisation internationale du Travail et la manifestation du 1er juin à Genève. Une manifestation de solidarité, à laquelle tout le monde est appelé à participer !

Un autre thème a dominé ces manifestations du 1er Mai, celui de l’encouragement de services publics performants. À Delémont, Alain Carrupt, coprésident du Syndicat des médias et de la communication (syndicom), a posé les bonnes questions à ce sujet : « Comme Jurassiennes et Jurassiens, vous savez mieux que d’autres ce que signifient privatisation et libéralisation en matière de service public. Augmentation des coûts, baisse des prestations, restriction des accès, société à deux vitesses. Est-ce cela que nous souhaitons ? Est-ce cela que nous voulons laisser en héritage aux générations futures ? »

Ewald Ackermann (079 660 36 14 ou 031 377 01 09), service de la communication de l’USS, se tient à votre disposition pour tout complément d’information.