Comité d’organisation du 1er Mai

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discours de Hanne DAM - Unia

Prises de paroles d’Unia pour le 1er mai 2013 au Monument des Brigadistes

mercredi 1er mai 2013 par Carlos

Bonjour à tous,

Je suis une ex-employée Merck Serono et il y a une année exactement j’ai participé au défilé du 1er mai pour la première fois, surprise d’être là comme beaucoup de mes collègues.
Nous étions plus de 600 comme moi ce jour là suite à l’annonce le 24 avril de la volonté de la famille Merck de fermer le site de Sècheron à Genève.
Nous étions d’abord sous le choc et très désemparés car nous n’avions aucune idée de ce qu’il fallait faire, de ce que nous pouvions faire, puis nous nous sommes organisés avec l’aide du syndicat Unia, car il n’y avait pas de tradition syndicaliste au sein des entreprises pharma, dites les ‘blouses blanches’ assimilés aux cols blancs..
Nous avons commencé par organiser des assemblées générales et des groupes de travail sur les thèmes du maintien du site (partiel et total) ainsi que d’un plan social pour les licenciés. Nous avions aussi un groupe dédié spécialement aux actions tels que les défilés avec banderoles, pancartes, les journées de grève, les ateliers de réflexion sur les actions et la stratégie.
Nous avons donnés beaucoup d’énergie et de temps, nous avons beaucoup travaillé. Le côté positif nous a permis de faire l’expérience de la solidarité, Il y a eu une vraie synergie et un grand engagement d’un grand nombre d’employés. Cela à été une expérience de vie exceptionnelle pour moi et je pense pouvoir dire que cela n’impliquais pas que moi mais beaucoup de collègues qui m’ont entourés.

Mais malheureusement malgré 5 mois de travail et de négociations acharnés, nous n’avons pas obtenu gain de cause et cela pour 2 raisons principales :

  • les lois actuelles offrent une protection minime voire inexistante aux employés en cas de licenciement collectifs et c’est pour cela que nous avons lancé une initiative visant à protéger les employés en cas de licenciements collectifs
  • la nécessité d’agir au niveau européen

Nous avons bien vu que nous n’étions pas les seuls visés, il y a eu des licenciements en France, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne et bien d’autres encore.

Le patronat joue sur la division, chaque site est traité séparément et à des moments différents, et nous avons pu constater combien il est difficile d’obtenir une cohésion dans la lutte alors que chaque site espère négocier les meilleures conditions, le moins de perte d’emplois.

Je sais qu’il est difficile de se ‘mouiller’ pour les autres car je l’ai vécu mais je sais aussi que cela est possible car les brigadistes dans les années 30 nous ont donnés l’exemple de la solidarité en s’investissant pour une cause qui ‘à priori’ n’était pas la leur.

C’est pour cela que nous avons besoin de renforcer les syndicats à travers l’Europe et non pas seulement par région ou par pays.
Les conventions collectives doivent être négociées de façon beaucoup plus générales et pas seulement pour les grandes entreprises, mais applicables aussi pour les moyennes et petites entreprises.
Les grandes entreprises internationales ne se privent pas de dégraisser et de délocaliser alors même qu’ils font de gros bénéfices.
Dans d’autres cas, on n’hésite pas à licencier des employés en grève pour réclamer le maintien de leurs conditions de travail, comme l’a fait tout récemment l’hôpital de la Providence à Neuchâtel.
Les acquis sociaux sont de plus en plus menacés.
Cela entraîne des menaces sur les salaires de tout un chacun,
Le nivellement se fait par le bas !

Cela nous concerne tous !!!

Avant nous nous battions pour obtenir des conventions collectives meilleures et maintenant nous avons de plus en plus de mal à simplement maintenir le statu quo.

Ce qui m’amène au danger suivant, le démantèlement des rentes.

Nous voyons actuellement le danger qui menace nos rentes.
La proposition du Conseiller fédéral Alain Berset dont a traité mon collègue Lorenzo de la métallurgie du bâtiment demande notamment d’augmenter l’âge de retraite pour les femmes, ce qui marquerait encore un recul des droits sociaux que nous avons chèrement acquis. Quel travailleur peut adhérer à cela ?
Nous devons continuer à nous battre pour maintenir nos acquis sociaux.

C’est pourquoi entre autre il faut soutenir l’initiative AVS+ qui vise à augmenter de 10% les rentes AVS de tout le monde.

PS:

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