Comité d’organisation du 1er Mai

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destiné au journal du 1er mai 2003

La lutte n’est jamais vaine !

Blaise ORTEGA / SEV TPG Exploitation

lundi 21 avril 2003 par Claude Reymond

La lutte n’est jamais vaine !

L’application de nouvelles conceptions d’organisation de travail dès les années 90, au sein des Transports Public Genevois, a abouti sur un conflit révélateur au mois d’avril de l’an dernier. Ces nouvelles formes d’organisation ultra-libérale basée sur une course effrénée aux profits, plus communément appelé « concurrence », utilisent comme outils l’intensification des rythmes de production, la flexibilité, la peur, l’individualisation, le rendement à cour terme, la précarité, etc.. Avec comme résultats des conséquences encore mal connus, mal évolués, sur la santé physique et psychique des travailleuses-eurs
Ceci c’est conclu à Genève sur une ville sans transports publics, une journée durant. Il n’était pourtant demandé que des choses d’une évidence aveuglante : des temps de parcours réaliste, des terminus aptes à pouvoir nous laisser le temps de satisfaire certains besoins et surtout d’éviter des tranches de conduite de plus de quatre heures non-stop. Preuve que ce que nous demandions était la logique même, c’est que les revendications ont été acceptées relativement facilement. Nos managers ne pouvaient nier l’évidence, ils étaient conscients des résultats catastrophiques du concept (accidents, absentéisme, perte de motivation, mécontentement perpétuel avec conséquences sur les relations clientèle, …) et portant, ils l’appliquaient à la lettre, ceci malgré les mises en gardes incessantes des syndicats et du SEV en particulier. Ils se rendaient compte qu’ils allaient droit dans le mur, mais ils y fonçaient quand même !

Un an ! Il à fallu un an de travail pour, non pas tout renouveler, mais juste inverser le processus. Aujourd’hui à peine, on commence à appliquer des temps de parcours qui ont été chronométré sur le terrain et non pas pondu théoriquement dans des bureaux. Ce n’est que dans cette année écoulé que chaque terminus (enfin presque) a été équipé de toilettes. Q’un processus pour le choix sur la cadence des jours de travail à vu le jour, etc..
Il a fallu une grève, un conflit, une épreuve de force !

C’est regrettable pour ceux qui en ont pâti, mais nous défendions et défendrons notre santé et celle de nos proches, qui en sont les victimes passives.

Cette grève à donc été bénéfique pour les travailleuses-eurs des TPG.
Mais au-delà même des revendications obtenues ou pas, il y a, sans tenir compte de l’effet euphorique de la « bataille », de la « victoire », des effets encore plus bénéfiques que cela. Ceux de se sentir unis, d’appartenir à un même corps (nous qui sommes de par la nature de notre fonction seul et individualiste derrière le volant). Chacun à pu dire ces souffrances sans avoir honte de passer pour un faible, vu que nous subissions toutes et tous les mêmes. Chacun c’est rendu compte que l’autre avait les mots, les gestes, qu’il fallait parce que pareil à lui. Nous nous sommes rendu compte aussi que nous avions la même vision du service public que nous représentons. Beaucoup ont pris conscience, que le conflit pur et dur n’est pas une chose aisé, mais qu’il ne faut pas hésiter à l’utiliser, quant il n’y a plus rien d’autre à faire. Tout cela à été très régénérateur pour chacun de nous.

Mais ce que je décris là c’est tout simplement la solidarité des travailleuses-eurs, Le syndicalisme !

Hélas nos responsables ont la mémoire courte !

Déjà des mots comme « flexibilité », « l’employabilité », « société externe spécialisée dans l’organisation », « changements environnementaux pour s’adapter », « audit », « faire face à la concurrence » revois le jour dans les communications de l’entreprise… … … … …

La lutte continue et n’est jamais vaine !

ORTEGA Blaise / SEV TPG Exploitation