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Capitalisme : no future !

Le capitalisme est un système économique qui n’a pas d’avenir

jeudi 2 avril 2009 par Claude Reymond

La crise que ce système traverse aujourd’hui n’est ni un accident ni une surprise : elle est dans la logique même d’une économie fondée sur les inégalités sociales et économiques, sur l’exclusion croissante non seulement des pays les plus pauvres, mais aussi des citoyens défavorisés des pays riches.

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Les gouvernements ont volé au secours des banques à coup de milliards. Ce qui soulève légitimement l’indignation : comment se fait-il, particulièrement en Suisse, que l’on déniche tout soudain des milliards jusqu’ici introuvables pour les assurances sociales, les services publics, les infrastructures publiques ?

Comment accepter que de nombreux fauteurs de crise continuent de recevoir salaires mirobolants et bonus alors que licenciements et pertes de revenus menacent le plus grand nombre ? Comment admettre qu’au final, ce sera le contribuable qui paiera la facture des intégristes du « moins d’État » ?

au détriment du travail

Cette crise n’est pas un accident, mais une faillite du système. Si on en est arrivé là, c’est que le capitalisme. avec sa courte vue congénitale, a voulu obtenir une rentabilité immédiate et hors de proportion, faire de l’argent avec de l’argent et non plus avec de la production de biens et services, favoriser le capital au détriment du travail, exigeant de laisser faire « le marché » sans contrôle.

Ceci en voulant, amoindrir le rôle de l’Etat avec pour conséquence de renforcer les inégalités, tout en incitant celles et ceux qui n’ont pas les moyens, à s’endetter pour consommer, endettement sur lequel les riches spéculent encore pour faire des profits.

tout à changer

Cercle vicieux parfait qui ne révèle pas une simple bulle financière, mais la nature du système lui-même. Il n’y a donc rien à « sauver » ni à « relancer », mais tout à changer.
D’autant plus que cette crise s’accompagne d’atteintes multiples aux conditions de travail
et de vie, aux droits démocratiques et des sala-
rié-e-s :

  • pillage des rentes du IIe pilier (comme il y a 30 ans, quand la Confédération avait confisqué les avoirs des caisses de chômage syndicales) ;
  • déréglementation dans les horaires de travail, partout mais en particulier dans la vente où, sous prétexte de relance, les horaires seront de plus en plus flexibilisés ;
  • plombage des droits syndicaux (licenciement d’une déléguée syndicale chez Manor) et des droits politiques et d’expression (pour la première fois depuis 30 ans, interdiction d’une manifestation) ;
  • licenciements et chômage partiel, précarisation des chômeuses et des chômeurs en supprimant notamment des possibilités de formation et de recyclage...
    Les syndicats, les partis de gauche et les mouvements sociaux ne restent pas les bras croisés, comme en témoignent de nombreuses luttes, et en particulier :
  • les référendums sur le IIe pilier et sur la loi sur la police ;
  • les initiatives en cours de lancement pour les allocations familiales, pour la petite enfance et l’assurance perte de gain ;
  • le combat conventionnel pour la réduction des heures de travail et la limitation des heures supplémentaires, qui seul peut créer des emplois ;
  • la revendication de revenus décents, d’un salaire minimum légal et la lutte contre la sous-enchère salariale et sociale, ici et dans le monde.
    A terme, il faut aller plus loin et s’attaquer aux causes, pas seulement aux conséquences.

Donc revenir à notre but premier, à savoir une société qui assure une juste répartition des richesses produites, qui garantisse à toutes et tous un accès égal aux biens publics essentiels (santé, éducation, logement, emploi, protection sociale, propiété du sol, alimentation, eau, énergie, information, accès à la justice), qui donne la priorité à la production de biens et services socialement utiles.

Ce qui implique notamment une fiscalité réellement redistributive, une intervention régulatrice forte de l’Etat, de solides droits civiques et syndicaux et des services publics suffisants.