Comité d’organisation du 1er Mai

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1er Mai 2006

Projection sur le mur des Réformateurs

lundi 1er mai 2006 par Claude Reymond

ATTENTION DANGER TRAVAIL

F-2003, 105min


Perspective flexible

CH-2005, 17min


Les deux films traitent de la précarisation du travail. Le court-métrage « Perspective flexible » présente une approche artistique qui met en évidence les problèmes créés en Suisse par la flexibilisation et la dérèglementation du marché du travail.

Le film « Attention danger travail » s’avère comme réplique et se propose de donner les moyens d’échapper au griffes de l’exploitation salariale. Bob Black (« Travailler, moi ? Jamais ! ») proclame que le travail est la source de toute misère et manifeste pour une révolution ludique. « Attention danger travail » complète avec la considération du travail sous l’angle du refus, sans provoquer d’emblée la réprobation générale. Le film propose l’expérience en présentant une série d’entretiens avec des chômeurs qui ne paraissent ni accablés ni désespérés, mais interrogeant surtout l’un des principaux fondements de nos vies...


ATTENTION DANGER TRAVAIL

Une dizaine de chômeurs et chômeuses racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus aller travailler. Après avoir fréquenté plus ou moins longtemps le monde du travail, ces hommes et femmes ont fui l’usine, l’entrepôt ou le bureau, bien décidés à ne plus accepter les règles de la guerre économique contemporaine. Loin de l’image du chômeur accablé ou déprimé, ces "sans-emploi qui n’en demandent pas pour autant" expliquent ouvertement pourquoi ils cherchent à s’épanouir en dehors du monde du travail, avec peu de ressources mais en disposant de temps à profusion.

Réalisation PIERRE CARLES, CHRISTOPHE COELLO, STEPHANE GOXE Montage VIRGINIE CHARIFI, YOUSSEF CHARIFI, BERNARD STASIA Production ANNIE GONZALEZ et C-P PRODUCTIONS | FRANCE 2003 | 109 minutes


PERSPECTIVE FLEXIBLE

« Perspective flexible » est basé sur les récits de salariéEs issus de secteurs divers. Les tendances vers une nouvelle organisation du monde du travail globalisé, qui transforme les conditions de travail en conditions de vie, s’y dessinent. La caméra opère dans le domaine des soins, du trafic aérien national et de l’hôtellerie internationale. Des histoires personnelles s’associent aux images emblématiques du travail et produisent un contraste faisant apparaître le visage des nouvelles conditions. Le film ouvre un espace mental reflétant la flexibilisation croissante des conditions de travail dont les incidences individuelles sont de plus en plus perçues en Suisse.

L ‘UNION SYNDICALE SUISSE présente PERSPEKTIVE FLEXIBEL un film de CICERO EGLI collaboration concept URSULA BIEMANN caméra MARCELL ERDELYI son MASAKI HATSUI Curateur GIANNI JETZER avec le soutien de BANQUE COOP | SUISSE 2005 | 17 minutes

Projection proposée par Cinéma Spoutnik et collectif « Solidarité contre la précarisation »

Le crescendo de la précarisation*

On observe en particulier une croissance considérable des personnes travaillant à temps partiel. Elles représentent, actuellement en Suisse, plus de 30 % des salariés, c’est-à-dire un pourcentage bien supérieur à la moyenne de tous les autres pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques). Le temps partiel concerne, de façon tout à fait significative, les femmes : plus de 80 % des salarié·e·s à temps partiel sont en fait des femmes. Mais il ne s’agit pas seulement du temps partiel. L’étude met en relief l’augmentation du nombre de personnes qui ont des emplois dits atypiques (par exemple, les personnes qui ont au moins deux emplois), du nombre de contrats à durée déterminée (CDD), ainsi que de la quantité de salarié·e·s soumis à des horaires flexibles. 42 % des salariés en Suisse sont soumis au régime de l’horaire flexible. En outre, 5% des salariés travaillent sur appel - c’est-à-dire quand l’employeur le leur demande - et parmi eux 60 % ne disposent d’aucune garantie d’horaire hebdomadaire minimal. Ce statut concerne aussi en majorité des femmes.

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La Suisse, dans ce domaine, se situe à l’avant-garde. Le pourcentage d’intérimaires, sur le total des salariés, se situe à hauteur de 5 %. Par contre, la moyenne pour l’Union européenne est de 1,5 %,

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C’est dans ce contexte qu’a pris naissance un phénomène social qualifié de développement des « working poors ». En Suisse, 7,5 % des salariés qui ont entre 20 et 59 ans sont considérés comme pauvres. Les salariés à temps partiel, avec des horaires flexibles et des CDD, ont plus de risques de devenir pauvres. Y compris parmi les travailleurs indépendants, une fraction non négligeable peut être classée parmi les « travailleurs pauvres ». Ces faits confirment le lien entre la réorganisation du marché du travail et les « nouvelles » formes de pauvreté.

[...]

Des retombées sur l’état de santé des personnes sont de ce point de vue des plus parlantes : 51 % des intérimaires et 35 % des indépendants affirment que le travail a des effets négatifs sur leur santé.

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Elle peut être un point de départ pour susciter une réflexion afin de créer un mouvement capable de mettre au centre du débat sociopolitique la question des droits pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs ; avant tout, le droit à un travail sûr et garanti. L’extension de la précarité a des effets négatifs sur les personnes concernées et y compris sur celles considérées comme étant des « travailleurs stables ». La péjoration des conditions de travail est un processus qui se diffuse et atteint, par cercles concentriques, des couches de plus en plus larges. Pour toutes ces raisons, il est nécessaire de mettre un frein à ces formes d’emploi précarisé.

* Extraits du texte d’Angelica Lepori et Christiane Marrai une étude intitulée « Formes du travail et qualité, une enquête empirique sur les effets de la flexibilité du marché du travail au Tessin ».

Département de travail social de la Scuola universitaria professionale della Svizzera Italiana.

http://www.alencontre.org/archives/10/10-06.html

PS:

Depuis 1995 le Comité du 1er mai collabore avec Spoutnik, association de cinéphiles qui propose le soir la projection d’un film en rapport avec le thème de la journée revendicative du 1er mai, ou proche des préoccupations du monde du travail...